bg

26/01/2026

« Ma foi en moi-même », écrivais-je... Elle ne s’hérite pas, ne se reçoit pas, parce qu’il n’est pas possible de vivre par procuration.  

C’est acte tout à fait personnel, posé par soi en solitude absolue devant soi, en conscience. Oui, l’acte de foi en soi-même est éminemment solitaire. 

Il requiert de se séparer là de ses parents et de ses maîtres, de ses pairs, de ceux que l’on admire, de ceux que l’on craint, de ceux qui nous impressionnent, de ceux qui nous rassurent, de la société, de ses amis et de ses ennemis, et de se voir en dehors de leur regard sur nous et en nous. 

L’acte de foi en soi-même relève non de la morale, avec, réfléchies par une tradition,  règles fixes, admiration, voire consécration, ou sanctions, mais de l’éthique, interrogative, personnelle en même temps qu’à visée universelle, attentive au contexte et à l’intention. 

Le fait que ce soit tenir une position essentielle pour le respect de soi tout à fait personnelle, que d’autres personnes de valeur désapprouveraient peut-être ou sans doute, a quelque chose de terrifiant, paralysant. On en vient à se demander si l’on ne se fabrique pas sa petite morale bien commode, voire laxiste, et c’est reparti pour le syndrome dit « de l’imposteur ». 

Je crois que l’acte de foi en soi est le plus inconfortable de tous nos actes de foi.  

fleur2