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07/01/2026

Je n’y comprends rien mais peu importe ! Cela me plaît. « Cela » ? Le rêve ! Ce qu’il veut dire, ce qu’il veut me dire, quelle part en moi me parle, tout me plaît et je prends ! 

Nous sommes en plein hiver et il en était ainsi dans le rêve de la nuit dernière. Je voyais devant moi au premier plan une barre de feuilles de géraniums, gonflées de sève, drues, toniques, d’un vert pomme affirmé, et rien d’autre. Une voix, que je ne pus identifier mais très nette, dit, calmement : « Les géraniums ont fleuri ». C’était de l’ordre de la déclaration, de l’information et de la proclamation. 

Je comprends dans ce message qu’est toujours un rêve, lettre au dormeur par la Vie adressée, selon le monde juif, que je vais donc bien, très bien, en plein hiver de ma vie. 

Je vais bien selon le mode de résilience, que j’ai consciemment - il y a bien des années déjà - choisi, de mon pays, l’Alsace. Après la guerre de 39-45, un prêtre y suggéra de ne pas attendre la réparation des maisons bombardées pour commencer à vivre, de ne pas fleurir plus tard quand tout serait bien, non, de le faire tout de suite. Il s’agissait de mettre dans chaque trou un géranium. Il y en eut plein plein plein, d’où la surcharge du fleurissement alsacien. C’est devenu tradition.  

Les blessures étaient encore là, partout : il y avait partout des trous. Les blessures saignaient toujours : il y avait partout du rouge. Mais le sang était comme monté en fleur ! Et vivre au milieu des fleurs, même endeuillés, même dans le tout cassé, ce n’était déjà plus pareil que vivre au milieu des seules ruines !    

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