bg

10/12/2025

Que ce soit en temps de paix intérieure ou de tempête, à chaque fois, pour moi tout est seder

 quand je fais ceci, seder selon l’hébreu ancien où ce mot désigne le repas pascal, devenu dans les Evangiles le repas christique du désir, festif sur fond de mort assumée, et seder selon l’hébreu moderne où le mot signifie "tout est ok, bien en place, à sa place". 

J’enfile une tenue que j’aime. C’est un pantalon souple, souvent de cuir - acheté d’occasion ! - sur un justaucorps noir de danse, avec turban. Les tissus accompagnent mon corps fluide et le turban le couronne, en toute simplicité et modestie, au secret de ma chambre haute. !!! Le noir, que fait chanter silencieusement  quelque éclat d’or ou d’argent, discret mais affirmé, tout d’élégance, contribue à ce sérieux intense qui m’est essentiel parce qu’il facilite la concentration. 

Assise en indien sur le sol, si possible tournée vers le grands ciels, intérieurement orientée, je me tiens droite. Je reste là immobile, jusqu’à ce qu’en dépit de tout j’en vienne à sourire à la vie. 

C’est un moment privilégié, j’en ai conscience. Je laisse tout monter en moi. Des pensées et des associations d’idées viennent au hasard des mots en douceur, entre rêverie, ivresse très sobre, poésie, contemplations, stress chevauché, activités neuves se proposant. Le désir est fort. Habile, il sait faire de l’angoisse et des déceptions un tremplin. 

Le sport a musclé mon âme et je tiens en l’Absence qui, elle, me respecte en mon choix obstiné de l’autonomie farouche jusqu’en toute situation, y compris de dépendance ! 

Aucune présomption. Je me sais enfant des hommes, vulnérable, et, fièrement veux l’être. Je puis être détruite à tout moment et veux épouser cette destruction le moment venu. Qui plus est, jamais je n’oublie que je vis en des conditions privilégiées, relativement faciles. Que ferais-je en pays de guerre ? Que ferais-je si menaçait la torture ? Je ne serais pas capable...  

fleur2