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17/05/2026

J’assume, devant moi, devant mon surmoi, devant Dieu, devant « le grand Comptable » comme l’appelle mon aîné De Dadelsen, d’être éventuellement coupable.

 Je tiens devant eux, droite, reconnaissant ce que j’ai fait, ne demandant pas pardon puisqu’en solitude j’ai fait ce que j’estimais avoir à faire et être, acceptant, certes, s’il y a faute avérée de le reconnaître mais toujours sans demander pardon. 

Je veux aller plus loin, aller jusqu’à leur dire (« leur » étant mon surmoi, Dieu, ou le Grand Comptable qui au passage a pris une majuscule supplémentaire) que j’ose être coupable et même fière de l’être, le cas échéant, parce que je me suis engagée au lieu de me replier frileusement, moi qui ai toujours froid.  

Cela me paraît monstrueux (ressenti émotionnel !) mais je sais (perception rationnelle !) que ce ne l’est pas. Je mets en place ici une nouvelle fierté dans mon existence, la fierté de la culpabilité. Oui, je suis peut-être coupable mais c’est pour avoir eu le courage de vivre. Il y a là dignité et noblesse, requérant sans doute grande force.   

J’en reviens à ce récit entendu dans ma jeunesse. Une vieille protestante fait dans la nuit un rêve, où,  morte, elle comparaît devant le tribunal céleste. Dieu énumère les fautes qu’elle a commises, puis demande : « As-tu fait cela ? » Et la femme de répondre, d’une voix claire et nette : « Oui, j’ai fait cela.» Elle n’ajoute rien de plus. Dieu lui dit : «Viens, rentre ! ». Je suppose qu’il sourit.  

   

Qu’il sourie ou non à mon égard, je fais et ferai cela.