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15/05/2026

Mon ressenti au quotidien n'est pas de bonheur ; ma perception intellectuelle au quotidien est de cohérence perpétuelle avec moi-même, cohérence que j'aime.

 Oxymore ! Le réveil est très dur, acte de volonté tendue pour ne pas polluer le jour naissant par l’effroi devant l’ouvert en face de moi ou l’assaut de pensées négatives à mon propre égard ; le soir et la nuit sont toujours, depuis des années maintenant, de plénitude, pour avoir tenu et tout traversé. Oxymore ! 

Les autres, eux, semblent aller presque toujours naturellement bien, spontanément bien : « C’est week-end, super ! », « Il fait beau et tout va bien ! », « Je profite ! », « Je suis, en cette fête liturgique, dans la confiance et la paix... ». Ils vivent pourtant des situations plus difficiles que la mienne, plutôt privilégiée. Par contraste, j’ai honte. 

Il y a plus problématique. La simultanéité des perceptions contradictoires, « ressenti émotionnel peineux »/« perception rationnelle favorable », me fatigue considérablement, détourne et accapare beaucoup de mon énergie, risque de m’immobiliser. Or je tiens à la dynamique de "vie ascensionnelle".   

Mais c’est. 

C’est, vraisemblablement d’origine à la fois structurelle, inoculée et (in)consciemment consentie. J’en ai longtemps cherché les causes, ai travaillé sur les conséquences toute ma vie, avec des professionnels. Je m’arrête là. Ananke stenai (version grecque), daï (version juive)

Puisque c’est, il me revient de prendre acte, et pour cela, de 

- lire le « bonheur » autrement. J’ai encore trop tendance à confondre bonheur et bien-être, voire cocooning, alors même que j’ai conscience de connaître, jour après jour et ceci depuis des années maintenant, ce que j’appelle « un autre bonheur », âpre, dont personne ne voudrait, certes, mais très beau.  

- prendre de la hauteur quant à la tension qui m’habite - ressenti affectif difficile voire peineux / et perception rationnelle harmonieuse -

- pratiquer, selon le vocabulaire hégélien, l’Aufhebung : soulever, porter haut et vivre comme un tout.  

 

En fait, rien ne me bloque pour une vie "ascensionnelle" ! C’est moi qui la rends impossible si je compte sur du lisse pour enfin la mener. 

J’ai à vivre l’ascension en l’état, ici et maintenant, sans attendre la sérénité, encore moins le confort. Justement, ce que j’ambitionne n’est que d’advenir dans la tension et l’inconfort, autrement dit en grand écart. La pratique physique de cet exercice, latéral ou facial, avec allongement devenu voluptueux de tout le corps sur la jambe ou au sol, m’y a préparée.

Vouloir tout assumer et soulever et glorifier, sans plus vivre ce tout, sans plus vouloir la tension inhérente à l’humaine condition, c’est du pipeau. A moi de fleurir ici et maintenant en lys éclaté.