« Et toi petit enfant... Tu t 'appeles Jean » : c'est dans les Ecritures, c'est dans ma vie, certainement dans vos vies.

Voici, je raconte parce que cela me dépasse. L'autre soir, comme je quittais la salle des professeurs tardivement, je croisai dans le couloir sans élèves, revenue chercher des copies, une collègue bien plus jeune que moi, avec son petit garçon.

J'aime les enfants mais garde toujours la distance, une distance intérieure qui se sent, bien évidemment. Pourquoi ? A cela, il y a des raisons personnelles et d'autres plus générales. Célibataire, j'ai appris à faire le deuil de la maternité. Alors, il m'est impossible, « quand l'enfant paraît », pour reprendre la belle formule d'un autre, d'annuler en un clin d'oeil des années de labeur - oui, la douleur m'a labourée - sur soi et d'aussitôt l'accueillir à bras ouverts. Ceci relève de mon parcours existentiel. Mais de toute façon, par respect pour l'enfant, je refuse de l'aborder avec familiarité. Or, je sais, expérience faite et amplement confirmée au fil des années, que l'enfant et moi sommes proches, autrement, en ma distance de femme sans enfants. Pour celui de ma collègue, j'adoptai la même attitude intérieure et la gardai tout au long de la rencontre.

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